Orateur
Description
Pour célébrer l’entrée de notre ami Marco Panza dans les zones glorieuses, voire rafraichissantes, du retirement à la française qui libère de contraintes administratives, j’ai pensé partir d’un constat d’Alexander Grothendieck.
« L’inconnu mathématique n’est pas ce que personne ne connaît - c’est une chose qui ne dépend pas que de ma seule personne mais d’une réalité collective ».
Je lui associe une remarque sur le déroulement du temps mathématique, due à mon collègue Jacques Roubaud, poète et mathématicien récemment disparu qui assurait que la seule chose « non paraphrasable » des mathématiques était toujours celle tournée vers l’avenir.
Comme il est de règle, je dois choisir un ancrage historique pour sinon méditer, du moins donner à réfléchir sur la pratique de l’histoire et de la philosophie des mathématiques quand elle traiter des communautés savantes et du rapport à des individualités, dites génies. Ni les Eléments d’Euclide du IVe siècle avant notre ère, ni les Eléments de mathématique de Bourbaki débutés en 1939, deux productions d’une communauté, n’évoquent ce qui est inconnu. S’agit-il alors de mausolées ? Les récits font le plus souvent du calcul différentiel et intégral au XVIIe siècle - une production grosso modo non paraphrasable de deux savants, Newton et Leibniz - la visée d’une petite minorité en Europe, Fermat, Roberval, Wallis. Devrait-on en oublier ces contributions qui auraient été la réalité collective dépassée ?